{"id":729,"date":"2020-05-14T14:56:20","date_gmt":"2020-05-14T12:56:20","guid":{"rendered":"https:\/\/bacheca.uniroma3.it\/hpat\/?page_id=729"},"modified":"2020-05-18T14:57:41","modified_gmt":"2020-05-18T12:57:41","slug":"contributions","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/bacheca.uniroma3.it\/hpat\/hegel-now\/international-events\/hegel-now-in-france\/contributions\/","title":{"rendered":"Contributions"},"content":{"rendered":"<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"136\" height=\"184\" class=\"wp-image-742 alignleft\" src=\"https:\/\/bacheca.uniroma3.it\/hpat\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/05\/Jean-Baptiste-Vuillerod.png\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/bacheca.uniroma3.it\/hpat\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/05\/Jean-Baptiste-Vuillerod.png 136w, https:\/\/bacheca.uniroma3.it\/hpat\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/05\/Jean-Baptiste-Vuillerod-111x150.png 111w\" sizes=\"auto, (max-width: 136px) 100vw, 136px\" \/><\/figure>\n<figure><\/figure>\n<figure><\/figure>\n<figure><\/figure>\n<figure><\/figure>\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><strong>Dr. J<span lang=\"FR\">ean-Baptiste Vuillerod<\/span><\/strong><\/figure>\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><strong><span lang=\"FR\">Hegel, les femmes et nous<\/span><span lang=\"FR\">\u00a0<\/span><\/strong><\/figure>\n<p>\u00a0<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"87\" height=\"87\" src=\"https:\/\/bacheca.uniroma3.it\/hpat\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/05\/image.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-743\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\" style=\"text-align: justify\">Hegel n\u2019a jamais eu bonne presse chez les f\u00e9ministes. Philosophe m\u00e2le de la grande tradition philosophique et sexiste, il para\u00eet incarner l\u2019illustre repr\u00e9sentant de ce que Jacques Derrida nommait le \u00ab\u00a0phallogocentrisme\u00a0\u00bb\u00a0: une vaste entreprise plurimill\u00e9naire qui a instrumentalis\u00e9 l\u2019usage du <em>logos<\/em> pour justifier la domination des hommes sur les femmes dans l\u2019histoire. Carla Lonzi avait m\u00eame \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 proposer que l\u2019on \u00ab\u00a0crache\u00a0\u00bb sur Hegel (<em>Sputiamo su Hegel<\/em>), dans une sorte de \u00ab balance ton porc \u00bb philosophique qui alliait la provocation et l\u2019expression profonde d\u2019une gente f\u00e9minine exclue du progr\u00e8s historique de l\u2019esprit du monde.<br \/>Le verdict semble pourtant plus nuanc\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es. On a vu na\u00eetre, en particulier aux \u00c9tats-Unis, une s\u00e9rie de recherches stimulantes sur la possibilit\u00e9 de revenir \u00e0 Hegel aujourd\u2019hui dans une perspective f\u00e9ministe. Les ouvrages collectifs dirig\u00e9s par Patricia J. Mills (<em>Feminist Interpretations of G. W. F. Hegel<\/em>, The Pennsylvania State University Press, 1996) ainsi que par K. Hutchings et T. Pulkkinen (<em>Hegel\u2019s Philosophy and Feminist Thought. Beyond Antigone ?<\/em>, Palgrave Macmillan, 2010) donnent un remarquable aper\u00e7u de ces d\u00e9bats. Plus r\u00e9cemment, en Europe, un colloque a eu lieu les 26, 27 et 28 septembre 2018 \u00e0 Rome avec pour titre \u00e9vocateur <em>World WoMen Hegelian Congress<\/em>, o\u00f9 il \u00e9tait \u00e9galement question des relectures f\u00e9ministes de Hegel.<br \/>La raison de ce regain d\u2019int\u00e9r\u00eat est que, s\u2019il est vrai que dans sa <em>Philosophie de la nature<\/em> et dans les<em> Principes de la philosophie du droit<\/em>, Hegel v\u00e9hicule un certain nombre de pr\u00e9jug\u00e9s \u00e0 l\u2019encontre des femmes, qui l\u2019am\u00e8nent \u00e0 l\u00e9gitimer leur exclusion de la vie sociale et politique des nations modernes, d\u2019autres textes du philosophe d\u2019I\u00e9na sont beaucoup plus progressistes et s\u2019av\u00e8rent susceptibles d\u2019\u00eatre r\u00e9appropri\u00e9s par des lectures f\u00e9ministes. En particulier, la discussion que Hegel propose d\u2019<em>Antigone<\/em>, la pi\u00e8ce de Sophocle, au chapitre VI, A de la <em>Ph\u00e9nom\u00e9nologie de l\u2019esprit<\/em>, ainsi que le th\u00e8me de l\u2019\u00e9ternelle ironie de la communaut\u00e9 auquel elle donne lieu, offrent une ressource f\u00e9conde pour r\u00e9fl\u00e9chir sur la place des femmes dans nos soci\u00e9t\u00e9s et sur leurs capacit\u00e9s d\u2019action collective.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"146\" height=\"194\" src=\"https:\/\/bacheca.uniroma3.it\/hpat\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/05\/image-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-744\" srcset=\"https:\/\/bacheca.uniroma3.it\/hpat\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/05\/image-1.png 146w, https:\/\/bacheca.uniroma3.it\/hpat\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/05\/image-1-113x150.png 113w\" sizes=\"auto, (max-width: 146px) 100vw, 146px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p style=\"text-align: justify\">En effet, au d\u00e9but de la section \u00ab Esprit \u00bb de la <em>Ph\u00e9nom\u00e9nologie<\/em>, Hegel d\u00e9crit l\u2019organisation de la cit\u00e9 grecque antique et montre qu\u2019elle est structur\u00e9e par deux lois\u00a0: une loi publique et politique, qui est du ressort des hommes, et une loi priv\u00e9e et familiale, dont les femmes sont les gardiennes. Au premier abord, les deux lois semblent se compl\u00e9ter harmonieusement. Les femmes \u00e9l\u00e8vent dans la famille les jeunes gar\u00e7ons qui seront les futurs citoyens de la <em>polis<\/em> et qui iront se battre \u00e0 la guerre. Lorsqu\u2019ils meurent au combat, les citoyens m\u00e2les sont enterr\u00e9s par les femmes de la cit\u00e9, et ce sont les m\u00e8res, les s\u0153urs et les filles qui s\u2019occupent des fun\u00e9railles. Les hommes reviennent alors dans la sph\u00e8re familiale et f\u00e9minine qu\u2019ils avaient quitt\u00e9e \u00e0 la fin de l\u2019adolescence. Une circularit\u00e9 parfaite, belle comme le cercle de la vie, semble ainsi lier les deux lois, celle de l\u2019espace public et celle du foyer, dans le monde antique grec.<br \/>Le r\u00e9cit d\u2019<em>Antigone<\/em> permet cependant \u00e0 Hegel de montrer que la belle harmonie s\u2019effondre d\u00e8s que l\u2019on s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience que les femmes grecques pouvaient faire du monde dans lequel elles vivaient. L\u2019histoire est bien connue\u00a0: \u00c9t\u00e9ocle et Polynice, les deux fr\u00e8res, se sont entretu\u00e9s pour conqu\u00e9rir Th\u00e8bes\u00a0; le premier \u00e9tant le l\u00e9gataire l\u00e9gitime du tr\u00f4ne, leur oncle Cr\u00e9on a d\u00e9cid\u00e9 que seul \u00c9t\u00e9ocle serait enterr\u00e9 et recevrait les rites fun\u00e9raires, tandis que la d\u00e9pouille de Polynice serait laiss\u00e9e au vent sans conna\u00eetre les hommages fun\u00e8bres\u00a0; leur s\u0153ur Antigone refuse de laisser le corps de ce dernier aux charognards et brave l\u2019interdit de son oncle en tentant d\u2019enterrer Polynice. La figure d\u2019Antigone incarne par l\u00e0 le soul\u00e8vement d\u2019une femme grecque contre l\u2019ordre politique de la cit\u00e9, repr\u00e9sent\u00e9 par Cr\u00e9on. Elle t\u00e9moigne de la souffrance d\u2019une femme qui doit subir la d\u00e9cision politique dont elle est par principe exclue, puisque les femmes grecques ne participaient pas \u00e0 l\u2019espace public de la citoyennet\u00e9 dans le monde ancien. C\u2019est la loi m\u00eame de la domination patriarcale et sexiste que remet en question Antigone \u00e0 travers sa bravade, et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce grand refus ainsi que l\u2019antagonisme entre hommes et femmes que Hegel met au centre de sa compr\u00e9hension de la vie antique.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"152\" height=\"188\" src=\"https:\/\/bacheca.uniroma3.it\/hpat\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/05\/image-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-745\" srcset=\"https:\/\/bacheca.uniroma3.it\/hpat\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/05\/image-2.png 152w, https:\/\/bacheca.uniroma3.it\/hpat\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/05\/image-2-121x150.png 121w\" sizes=\"auto, (max-width: 152px) 100vw, 152px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p style=\"text-align: justify\">La conclusion que tire Hegel du r\u00e9cit de Sophocle est radicale. Il montre que l\u2019exp\u00e9rience n\u00e9gative des femmes grecques, dont Antigone est en quelque sorte le symbole et la voix \u00e0 travers les \u00e2ges, engendre un \u00ab ennemi int\u00e9rieur \u00bb dans la cit\u00e9. Les femmes \u00e9tant n\u00e9cessaires \u00e0 la vie du monde antique et \u00e9tant pourtant exclues de toute forme de reconnaissance symbolique, elles ne peuvent que se retourner contre les hommes qui gouvernent la cit\u00e9. La f\u00e9minit\u00e9 d\u00e9finit ainsi ce que Hegel nomme \u00ab l\u2019\u00e9ternelle ironie de la communaut\u00e9 \u00bb, un principe de subversion interne par lequel la cit\u00e9 produit en son sein un facteur de destruction et de dissolution int\u00e9rieure, une forme de <em>stasis<\/em> genr\u00e9e. La <em>Ph\u00e9nom\u00e9nologie de l\u2019esprit<\/em> explique ainsi comment les femmes retournent les jeunes gar\u00e7ons qu\u2019elles \u00e9duquent contre leurs p\u00e8res et leurs a\u00een\u00e9s afin de renverser le pouvoir et de faire s\u2019effondrer le monde grec. Si l\u2019explication est douteuse d\u2019un point de vue historique, elle n\u2019en a pas moins tout son sens dans le texte h\u00e9g\u00e9lien et dans une possible relecture f\u00e9ministe de ce passage\u00a0: le d\u00e9ni de reconnaissance des femmes les conduit \u00e0 se mobiliser collectivement pour d\u00e9faire de l\u2019int\u00e9rieur l\u2019ordre social existant et faire s\u2019effondrer un monde o\u00f9 seuls les hommes ont voix au chapitre.<br \/>On sait que la solution que Hegel a propos\u00e9e de cette contradiction immanente au monde grec peut para\u00eetre d\u00e9ceptive eu \u00e9gard \u00e0 la puissance \u00e9vocatrice du chapitre VI, A de la <em>Ph\u00e9nom\u00e9nologie<\/em>. La fin de la section \u00ab\u00a0Esprit\u00a0\u00bb annonce d\u00e9j\u00e0 la figure du mariage en mettant en sc\u00e8ne deux consciences qui se disent \u00ab\u00a0Oui\u00a0\u00bb devant Dieu. Les <em>Principes de la philosophie<\/em> feront ensuite du mariage bourgeois l\u2019institution historique d\u2019une reconnaissance symbolique des femmes dans un contrat marital qui n\u2019est plus bas\u00e9 sur la richesse ou le statut, comme c\u2019\u00e9tait le cas dans l\u2019antiquit\u00e9 et au Moyen \u00c2ge, mais sur l\u2019amour mutuel. Le r\u00e9sultat auquel aboutit Hegel est que l\u2019int\u00e9gration symbolique des femmes n\u2019a pas n\u00e9cessairement besoin d\u2019en passer par une participation politique et sociale \u00e0 la vie de la communaut\u00e9, puisqu\u2019elle semble pouvoir se contenter de prendre forme dans la reconnaissance priv\u00e9e de l\u2019amour entre les sexes au sein de l\u2019institution maritale propre au monde moderne. Cependant, si le mariage d\u2019amour pouvait appara\u00eetre comme un progr\u00e8s historique aux yeux de Hegel, il est certain qu\u2019il n\u2019est plus \u00e0 m\u00eame d\u2019orienter les pratiques et les r\u00e9flexions des femmes dans le monde contemporain.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"138\" height=\"206\" src=\"https:\/\/bacheca.uniroma3.it\/hpat\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/05\/image-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-746\" srcset=\"https:\/\/bacheca.uniroma3.it\/hpat\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/05\/image-3.png 138w, https:\/\/bacheca.uniroma3.it\/hpat\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/05\/image-3-100x150.png 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 138px) 100vw, 138px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p style=\"text-align: justify\">Pour autant, la r\u00e9volte d\u2019Antigone et des femmes grecques reste pour nous d\u2019actualit\u00e9. L\u2019exp\u00e9rience du m\u00e9pris social, qui se traduit par un ensemble de violences symboliques, \u00e9conomiques et physiques, reste une constante dans le v\u00e9cu partag\u00e9 des femmes aujourd\u2019hui \u00e0 travers le monde. Des fortes mobilisations f\u00e9ministes des ann\u00e9es 1960 et 1970 aux mouvements d\u2019ampleur des derni\u00e8res ann\u00e9es et des derniers mois, tout donne \u00e0 penser que l\u2019exp\u00e9rience du d\u00e9ni de reconnaissance de la part des femmes reste omnipr\u00e9sente et constitue un probl\u00e8me politique majeur de notre temps. La r\u00e9volte d\u2019Antigone, qui n\u2019est nullement le signe d\u2019une r\u00e9sistance isol\u00e9e dans le texte h\u00e9g\u00e9lien, mais qui fait signe vers une v\u00e9ritable r\u00e9sistance collective et partag\u00e9e, garde \u00e9galement tout son potentiel critique. Des Grecs \u00e0 nous, il est toujours question de la critique d\u2019un monde dont les lois sont dict\u00e9es de mani\u00e8re exclusive par les hommes et de la n\u00e9cessit\u00e9 de son d\u00e9passement, de sa transformation profonde et structurelle. L\u2019ironie f\u00e9minine, qui met fin au monde grec dans la fiction philosophique de Hegel, est aussi une aspiration principielle de notre \u00e9poque. Et Carla Lonzi elle-m\u00eame admettait que s\u2019il y avait bien un endroit dans le texte du philosophe allemand o\u00f9 les femmes pouvaient s\u2019y retrouver et y lire leurs cauchemars et leurs r\u00eaves quotidiens, c\u2019\u00e9tait bien dans son interpr\u00e9tation de l\u2019histoire d\u2019Antigone et dans les espoirs dont elle \u00e9tait encore porteuse.<br \/>Qu\u2019il faille ici relire Hegel contre lui-m\u00eame ne fait pas de doute. Il faut cependant \u00eatre juste avec l\u2019accus\u00e9 et admettre qu\u2019une actualisation f\u00e9ministe de son \u0153uvre tire un fil d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent dans sa philosophie. Simone de Beauvoir, dans le <em>Deuxi\u00e8me sexe<\/em>, avait not\u00e9 que la dialectique du ma\u00eetre et de l\u2019esclave s\u2019appliquerait tr\u00e8s bien au rapport entre hommes et femmes. Alors que le fameux chapitre IV, A de la <em>Ph\u00e9nom\u00e9nologie de l\u2019esprit<\/em> ne laisse entrevoir que des consciences abstraites et asexu\u00e9es, il faudrait relire la dialectique de la domination et de la servitude en sexuant les consciences qu\u2019elle met en jeu. Sans le savoir, Beauvoir faisait en r\u00e9alit\u00e9 signe vers un \u00e9l\u00e9ment pr\u00e9sent dans le texte h\u00e9g\u00e9lien lui-m\u00eame, puisque les manuscrits d\u2019I\u00e9na et les premi\u00e8res esquisses de la lutte pour la reconnaissance dans le <em>Syst\u00e8me de la vie \u00e9thique <\/em>(1802-1803), le <em>Premier syst\u00e8me<\/em> (1803-1804) et <em>La philosophie de l\u2019esprit<\/em> (1805), pr\u00e9sentaient la relation de reconnaissance et son potentiel \u00e9chec comme une relation entre hommes et femmes au sein de la famille. Il est tout \u00e0 fait stimulant de constater que la r\u00e9flexion sur l\u2019exigence de reconnaissance mutuelle et sur l\u2019analyse de son possible d\u00e9ni soit n\u00e9e chez Hegel \u00e0 partir d\u2019une r\u00e9flexion sur le rapport entre les sexes.<br \/>Ce n\u2019est d\u00e8s lors pas un hasard si, dans la <em>Ph\u00e9nom\u00e9nologie de l\u2019esprit<\/em>, l\u2019\u00e9tude du premier moment de l\u2019histoire du monde au d\u00e9but de la section \u00ab\u00a0Esprit\u00a0\u00bb, qui rejoue la dialectique de la domination et de la servitude \u00e0 un niveau social et historique, d\u00e9veloppe une contradiction entre hommes et femmes au sein de la cit\u00e9 grecque\u00a0: Hegel \u00e9tait parti d\u00e8s le d\u00e9part, et d\u00e8s sa r\u00e9flexion pr\u00e9coce dans les diff\u00e9rents manuscrits de la p\u00e9riode d\u2019I\u00e9na, d\u2019une m\u00e9ditation sur les relations satisfaisantes ou insatisfaisantes entre hommes et femmes comme constituant un \u00e9l\u00e9ment central du monde social et de la communaut\u00e9. Le d\u00e9nouement qu\u2019il a donn\u00e9 au conflit plurimill\u00e9naire entre les sexes \u2013 la reconnaissance des femmes dans le mariage d\u2019amour \u2013 appartient \u00e0 son temps et ne saurait nous contenter aujourd\u2019hui. Il n\u2019en reste pas moins que la force critique de ces analyses trouve encore quelque actualit\u00e9 et que c\u2019est du sein m\u00eame de sa philosophie que Hegel nous invite \u00e0 actualiser sa pens\u00e9e en fonction des combats f\u00e9ministes propre \u00e0 notre \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<div>For further information please contact:<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div id=\"m_2575892195443338254Signature\">\n<div>\u00a0<\/div>\n<div id=\"m_2575892195443338254divtagdefaultwrapper\" dir=\"ltr\">\n<div><a href=\"mailto:jbvuillerod@gmail.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">jbvuillerod@gmail.com<\/a><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dr. Jean-Baptiste Vuillerod Hegel, les femmes et nous\u00a0 \u00a0 Hegel n\u2019a jamais eu bonne presse chez les f\u00e9ministes. 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